Comment rédiger un CCTP pour la construction d’un mur d’escalade ?

1. Présenter le contexte et l’objectif du projet

La première partie du CCTP doit expliquer clairement l’objet du marché.

Il faut indiquer s’il s’agit d’une construction neuve, d’une extension, d’une rénovation, d’un remplacement de surface grimpable, d’une mise en conformité ou d’un projet complet incluant structure, tapis, prises, volumes et équipements d’assurage.

Cette partie doit aussi préciser le lieu d’implantation : gymnase, salle dédiée, école, centre sportif, espace extérieur, salle privée, collectivité, etc.

L’objectif est de permettre aux entreprises de comprendre rapidement le besoin : créer une activité découverte, développer la pratique scolaire, équiper un club, permettre l’entraînement, accueillir des compétitions ou proposer une activité ludique et familiale.

Exemples d’informations utiles à indiquer :

  • type de bâtiment ou d’espace concerné ;
  • public visé : scolaires, clubs, adultes, enfants, débutants, grimpeurs confirmés ;
  • fréquence d’utilisation prévue ;
  • pratique souhaitée : bloc, difficulté, moulinette, tête, traversée, pan d’entraînement ;
  • attentes particulières : esthétique, durabilité, évolutivité, facilité de maintenance.

2. Définir l’étendue des prestations attendues

Un bon CCTP doit dire clairement ce qui est attendu de l’entreprise retenue.

Selon le projet, les prestations peuvent comprendre :

  • les études techniques ;
  • les plans d’exécution ;
  • la note de calcul ;
  • la fabrication de la structure ;
  • la fourniture des panneaux, de l’ossature, des ancrages et des fixations ;
  • la fourniture et la pose des points d’assurage ;
  • la fourniture des relais ou systèmes d’assurage en moulinette ;
  • la fourniture des tapis de réception ;
  • la fourniture des prises et volumes d’escalade ;
  • le transport ;
  • la pose sur site ;
  • les essais de réception ;
  • le DOE, les notices d’utilisation et les documents de maintenance.

Il est important d’être précis, car tout ce qui n’est pas écrit peut devenir une zone floue au moment de comparer les offres ou de réceptionner le chantier.

Notre conseil : le CCTP doit décrire clairement le besoin, mais il ne doit pas forcément imposer toutes les solutions techniques. L’entreprise doit pouvoir proposer une réponse adaptée, à condition de justifier ses choix et leur conformité.

3. Rappeler les normes et réglementations applicables

Un mur d’escalade est un équipement sportif soumis à des exigences de sécurité. Le CCTP doit donc rappeler que la structure devra être conforme aux normes en vigueur à la date de réalisation du marché.

Selon le type d’équipement, les textes de référence peuvent notamment concerner :

  • les Structures Artificielles d’Escalade avec points d’assurage ;
  • les blocs d’escalade ;
  • les prises d’escalade ;
  • les surfaces de réception.

Cette liste doit être adaptée au projet. Un bloc ou un mur de difficulté ne présentent pas les mêmes contraintes. De la même manière, une structure installée dans un gymnase existant ne pose pas les mêmes questions qu’une structure intégrée dès la conception d’un bâtiment neuf.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article dédié aux normes applicables aux murs d’escalade.

Notre conseil : le CCTP doit exiger le respect des normes, mais il doit éviter de figer inutilement la solution technique. L’entreprise doit pouvoir proposer un système constructif adapté, à condition de justifier sa conformité, sa stabilité et sa durabilité.

4. Décrire précisément le site d’implantation

La qualité du CCTP dépend beaucoup de la qualité des informations fournies sur le bâtiment ou l’espace d’accueil.

Il faut transmettre autant d’éléments que possible :

  • plans du bâtiment ;
  • coupes et hauteurs disponibles ;
  • nature des murs, sols, charpentes ou supports existants ;
  • accès chantier ;
  • contraintes de circulation ;
  • présence d’autres équipements sportifs ;
  • contraintes liées au chauffage, à l’éclairage, aux issues de secours ou aux réseaux ;
  • périodes possibles d’intervention ;
  • contraintes d’exploitation du site pendant les travaux.

Pour un mur fixé ou repris sur un bâtiment existant, la question du support est essentielle. L’entreprise doit pouvoir déterminer comment la structure sera reprise, quels efforts seront transmis au bâtiment et quels éléments doivent être validés par un bureau d’étude ou un bureau de contrôle.

Plus les informations de départ sont complètes, plus les offres seront fiables et comparables.

5. Définir le type de mur d’escalade attendu

Cette partie est centrale. Elle décrit la Structure Artificielle d’Escalade, ou SAE, souhaitée.

Le CCTP doit préciser le type de pratique :

  • mur de difficulté avec points d’assurage ;
  • mur en moulinette uniquement ;
  • mur permettant la grimpe en tête ;
  • bloc ;
  • traversée.

Il faut ensuite indiquer les dimensions souhaitées :

  • hauteur ;
  • linéaire ;
  • surface grimpable ;
  • nombre de couloirs d’escalade ;
  • profils attendus : vertical, dalle, léger dévers, fort dévers, toit, dièdre, etc. ;
  • type de public et niveau de difficulté recherché ;
  • continuité ou séparation des zones.

Cette description doit rester suffisamment claire pour orienter le projet, mais assez ouverte pour permettre à l’entreprise de proposer un design cohérent, esthétique et conforme.

6. Préciser les équipements de sécurité

La sécurité doit être traitée de manière détaillée.

Pour un mur de difficulté, le CCTP doit préciser les attentes concernant :

  • les points d’assurage individuels ;
  • les relais ou systèmes d’assurage en moulinette ;
  • les dégaines permanentes si elles sont prévues.

Pour un bloc ou un pan, le CCTP doit préciser les exigences relatives :

  • aux tapis ou matelas de réception ;
  • aux zones de sécurité périphériques ;
  • à l’implantation globale des tapis et de la structure dans l’espace, en tenant compte des éventuelles situations de coactivité avec d’autres pratiques sportives, des circulations et des zones de sécurité nécessaires à chaque activité.

Cette partie doit être rédigée avec attention, car elle conditionne directement la sécurité des futurs utilisateurs, mais aussi la facilité d’usage de la structure au quotidien pour les grimpeurs, les encadrants et les gestionnaires de l’équipement.

Le nouveau mur d'escalade de Vincennes
Ouverture voies d'escalade sur les nouveaux murs

7. Définir les matériaux, finitions et composants

Le CCTP peut préciser les attentes qualitatives concernant les matériaux, sans forcément imposer un procédé de fabrication unique.

Il peut par exemple mentionner :

  • la nature et la qualité des panneaux ;
  • la texture et l’adhérence ;
  • la couleur ou l’intégration esthétique ;
  • la densité d’inserts ;
  • le type d’inserts ;
  • l’entretien possible dans le temps.

Pour les prises et volumes, il est utile de préciser :

  • la quantité attendue ;
  • les tailles souhaitées ;
  • les couleurs ;
  • le niveau de pratique visé ;
  • la présence ou non de volumes.

Cette partie permet aussi de cadrer la durabilité de l’équipement. Un mur d’escalade n’est pas seulement une surface de grimpe : c’est un équipement qui doit être utilisé, entretenu, renouvelé et parfois modifié pendant de nombreuses années.

8. Lister les documents à fournir par l’entreprise

Le CCTP doit prévoir les documents attendus à chaque étape du projet.

Avant ou pendant l’exécution, il peut être demandé :

  • plans d’ensemble ;
  • plans d’exécution ;
  • note de calcul ;
  • fiches techniques des matériaux ;
  • fiches techniques des points d’assurage ;
  • fiches techniques des tapis ;
  • fiches techniques des prises et volumes ;
  • méthodologie de pose ;
  • planning prévisionnel ;
  • documents relatifs à la sécurité du chantier.

À la réception, il est recommandé de demander :

  • DOE ;
  • certificat ou attestation de conformité ;
  • procès-verbal des essais réalisés ;
  • notice d’utilisation ;
  • notice de contrôle et de maintenance ;
  • préconisations de contrôle périodique.

Ces documents sont indispensables pour exploiter correctement la structure après la livraison.

 

Mur d'escalade de Vincennes vue d'en haut
Mur de bloc pour club d'escalade

9. Encadrer l’organisation du chantier

Le CCTP doit aussi préciser les conditions d’intervention.

Il peut indiquer :

  • les horaires possibles ;
  • les contraintes d’accès ;
  • la protection des sols et équipements existants ;
  • les modalités de stockage ;
  • la gestion des déchets ;
  • le nettoyage du chantier ;
  • les règles de sécurité ;
  • les conditions de coactivité avec d’autres entreprises ;
  • la nécessité ou non d’un PPSPS ;
  • les contraintes liées à l’ouverture du site au public.

Dans un gymnase ou un établissement scolaire, cette partie est particulièrement importante, car les travaux doivent souvent s’intégrer dans un planning d’exploitation contraint.

10. Prévoir la réception, la maintenance et la vie future du mur

La livraison du mur ne marque pas la fin du projet. Un mur d’escalade doit être contrôlé, entretenu et adapté au fil du temps.

Le CCTP doit donc prévoir :

  • les essais de réception ;
  • la remise des documents ;
  • les recommandations de contrôle ;
  • les conditions de maintenance ;
  • les conseils d’évolution de la structure ;
  • les modalités de contrôle périodique.

Cette partie permet au maître d’ouvrage de disposer d’un équipement durable, sûr et exploitable dans de bonnes conditions.

Chez OCC, nous pouvons également accompagner les gestionnaires dans le contrôle et la maintenance de leurs structures artificielles d’escalade afin de prolonger la durée de vie de l’équipement et de conserver un bon niveau de sécurité dans le temps.

OCC Construction vous suit dans la gestion de vos EPI
Image d'un mousqueton

Les erreurs fréquentes à éviter dans un CCTP de mur d’escalade

Certaines erreurs reviennent souvent dans les cahiers des charges.

La première consiste à être trop vague. Un CCTP qui indique simplement “construction d’un mur d’escalade dans un gymnase” ne permet pas de comparer correctement les offres.

La deuxième consiste à être trop fermé techniquement. Imposer une solution constructive trop détaillée peut empêcher certaines entreprises sérieuses de répondre, alors qu’elles auraient pu proposer une solution plus adaptée.

La troisième consiste à oublier les équipements annexes : tapis, prises, volumes, dégaines, maintenance.

La quatrième consiste à négliger le support existant. Un mur d’escalade transmet des efforts au bâtiment. La nature du support, les plans, la charpente, les ancrages et les validations techniques sont donc essentiels.

Enfin, il ne faut pas rédiger le CCTP uniquement comme une liste de matériaux. Un bon CCTP doit surtout décrire un besoin, un usage et un niveau de sécurité attendu.

L'équipe OCC en plein réflexion

OCC vous accompagne dans la rédaction de votre projet

Chaque projet de mur d’escalade est différent. Une école, une commune, un club, une salle privée ou un centre de loisirs n’ont pas les mêmes besoins, les mêmes utilisateurs ni les mêmes contraintes.

Chez OCC, nous pouvons vous accompagner dès les premières réflexions pour vous aider à définir un projet cohérent : type de mur, surface grimpable, pratique souhaitée, contraintes du bâtiment, budget, sécurité, maintenance et évolutivité.

Notre objectif est simple : vous aider à construire un mur d’escalade adapté à vos utilisateurs, conforme, durable et agréable à grimper.

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